top of page
Rechercher

Le travail des fascias vu par le Shiatsu

Photo du rédacteur: Amelie Fourcade
Amelie Fourcade
4 sept.
5 min de lecture

Depuis quelques années, on entend beaucoup parler des fascias.

Ils sont devenus un sujet assez incontournable dans les approches corporelles, et c’est intéressant parce que, pendant longtemps, ils ont été un peu les grands oubliés de l’anatomie.

On les présentait surtout comme des enveloppes autour des muscles.

Aujourd’hui, on les regarde autrement.

Les fascias forment un vaste réseau de tissus qui parcourt tout le corps. Ils entourent les muscles, mais aussi les organes, les nerfs, les vaisseaux et de nombreuses autres structures. Ils participent notamment au maintien des tissus, à leur mobilité et à la façon dont les différentes couches du corps peuvent glisser les unes par rapport aux autres.

Et surtout, ils ne sont pas inertes.

Ils sont innervés et participent à notre perception du corps.

C’est justement ce qui rend leur lien avec le Shiatsu particulièrement intéressant.


Les fascias, un réseau qui relie


Quand on regarde le corps uniquement muscle par muscle, articulation par articulation, on peut avoir l’impression d’un assemblage de pièces indépendantes.

Mais dans la réalité, tout est beaucoup plus en relation.

Lorsque nous bougeons, les différentes couches de tissus se déplacent les unes par rapport aux autres. Certaines zones se tendent, d’autres se relâchent. Les forces se transmettent.

Les fascias participent à cette organisation.

On peut les imaginer comme un réseau souple et continu qui accompagne les mouvements du corps, plutôt que comme une simple enveloppe autour des muscles.

Cette vision rejoint finalement assez bien celle du Shiatsu : une approche globale du corps, où l’on ne cherche pas forcément à isoler une structure, mais plutôt à observer comment l’ensemble fonctionne.


Un tissu qui ressent


Ce que je trouve particulièrement intéressant dans les connaissances actuelles sur les fascias, c’est leur dimension sensorielle.

Les fascias sont richement innervés. Ils contiennent notamment des récepteurs qui renseignent le système nerveux sur les mouvements, les pressions et les tensions présentes dans les tissus.

Autrement dit, le fascia n’est pas seulement quelque chose qui soutient ou qui transmet.

Il participe aussi à ce que nous ressentons.

Et lorsqu’on y pense, cela paraît assez logique.

Notre corps reçoit en permanence des informations.

La pression d’un vêtement sur la peau, le contact d’une main, l’étirement d’un muscle, la position d’une articulation, la sensation d’une tension dans le dos…

Tout cela constitue une forme de dialogue permanent entre le corps et le système nerveux.

Le toucher vient s’inscrire dans ce dialogue.


Que se passe-t-il pendant une pression Shiatsu ?


C’est là que le sujet devient particulièrement intéressant.

Une pression de Shiatsu n’agit évidemment pas uniquement sur un muscle.

Elle traverse et sollicite différents tissus. Elle apporte une information mécanique et sensorielle.

Et la façon dont cette pression est exercée a son importance.

Une pression lente et progressive, qui s’installe plutôt qu’elle ne s’impose, laisse le temps au corps de recevoir cette information.

Le ou la praticienne peut sentir les tissus sous sa main, leur résistance, leur mobilité, les changements qui apparaissent progressivement.

Il ne s’agit pas forcément d’aller plus profondément.

Parfois, une pression moins forte, mais suffisamment présente et précise, permet davantage de choses qu’une pression intense.

Une pression trop forte ou trop rapide peut provoquer une réaction de protection : le corps se contracte, se prépare, résiste.

À l’inverse, une pression suffisamment présente, mais confortable, peut permettre au corps de ne pas avoir besoin de se défendre.

C’est là que le toucher du Shiatsu prend toute sa subtilité.

On ne cherche pas nécessairement à « forcer » un relâchement.

On accompagne.


Le rôle du toucher lent


Il y a quelque chose de particulier dans un toucher lent.

Il laisse le temps au corps de sentir ce qui se passe.

La pression peut progressivement s’installer, puis évoluer. Le ou la praticienne peut rester quelques instants sur une zone, attendre, sentir une modification, puis poursuivre.

Ce temps est important.

Parce que le corps n’est pas toujours disponible immédiatement.

Il peut y avoir une tension, une retenue, une sensation de résistance. Et parfois, en restant simplement là, sans chercher à aller plus loin, quelque chose change.

La respiration se modifie.

Le tissu devient plus souple sous la main.

La personne prend conscience d’une sensation qu’elle n’avait pas remarquée.

Le mouvement devient plus facile.

Ce n’est pas forcément spectaculaire.

C’est souvent très subtil.

Mais c’est aussi ce qui fait la richesse du Shiatsu : laisser au corps le temps de répondre.


Et si le relâchement ne venait pas uniquement du muscle ?


C’est probablement l’un des aspects les plus intéressants du travail des fascias.

Lorsque quelqu’un me dit après une séance :

« J’ai l’impression d’avoir plus d’espace dans le dos. »

« Je respire mieux. »

« Je sens mes jambes différemment. »

« Je me sens plus dans mon corps. »

Il n’est pas forcément pertinent de chercher une explication unique.

Ce que la personne ressent peut être lié à plusieurs choses qui se produisent en même temps : les tissus ont été mobilisés, les sensations corporelles ont été stimulées, le système nerveux a reçu de nouvelles informations, la perception de la zone a pu évoluer.

Le toucher est donc à la fois mécanique et sensoriel.

Et cette dimension sensorielle est particulièrement importante dans le Shiatsu.

Le relâchement que l’on ressent n’est pas nécessairement celui d’un seul muscle.

Il peut être beaucoup plus global.

Une sensation d’espace.

De mobilité.

De respiration.

Ou simplement l’impression d’être à nouveau un peu plus présent dans son corps.


Fascias et système nerveux : un dialogue permanent


C’est aussi pour cela que je trouve difficile de parler des fascias sans parler du système nerveux.

Les deux sont intimement liés dans l’expérience que nous avons de notre corps.

Lorsque nous sommes très sollicités, fatigués ou sous tension, notre façon de bouger et de ressentir notre corps peut changer.

Certaines zones deviennent plus présentes, d’autres beaucoup moins.

Le toucher peut alors devenir une information importante.

Il permet de revenir aux sensations, de sentir les contours du corps, ses mouvements, ses tensions, mais aussi ses espaces de détente.

Et c’est peut-être l’une des choses que j’aime le plus dans le Shiatsu : cette possibilité de revenir au corps sans avoir besoin de réfléchir.

On ne demande pas au corps de se détendre.

On lui propose simplement une expérience différente.


Alors, le Shiatsu travaille-t-il les fascias ?


Oui, dans le sens où les fascias font partie des tissus que le toucher rencontre et sollicite.

Mais je ne parlerais pas du Shiatsu comme d’une technique qui « libère les fascias ».

Le Shiatsu est beaucoup plus global que cela.

Il y a le toucher, bien sûr, mais aussi le mouvement, les étirements, les pressions, la respiration, les sensations et la manière dont le corps répond à tout cela.

Les fascias sont une pièce importante de cette organisation, mais ils ne sont pas une explication à tout.

C’est d’ailleurs ce que je trouve intéressant dans les connaissances actuelles : elles permettent de mieux comprendre certains phénomènes sans pour autant réduire le fonctionnement du corps à une seule théorie.


Toucher pour remettre du mouvement


Finalement, c’est peut-être là que le Shiatsu rejoint le mieux le travail autour des fascias.

Il ne s’agit pas de « réparer » un corps qui fonctionnerait mal.

Il ne s’agit pas non plus de chercher à obtenir à tout prix un relâchement.

Il s’agit plutôt de redonner de la mobilité, de la perception et de l’espace.

Parfois dans les tissus.

Parfois dans le mouvement.

Parfois dans la respiration.

Et parfois simplement dans la façon dont on habite son propre corps.

Les fascias nous rappellent que le corps est un ensemble continu, vivant et en mouvement.


Le Shiatsu, lui, nous invite à entrer en contact avec cet ensemble.

Avec les mains, mais aussi avec l’écoute.


Et finalement, c’est peut-être cela qui m’intéresse le plus dans le travail corporel : ne pas chercher à imposer quelque chose au corps, mais lui permettre de retrouver, petit à petit, sa capacité à bouger, à sentir et à s’adapter.

 
 
 

Commentaires


émotions
Shiatsu
bien être

47 bis Rue Jules Simon, 37000 Tours, France

07 67 64 73 47

" Le Shiatsu est une pratique de bien-être qui ne se substitue en aucun cas à un avis ou suivi médical "

Restons en contact 

détente
gestion des émotions

©2021 par Amelie Fourcade Shiatsu EI

Siret 84187870500018 - Couverte RC Pro Cabinet Gerbault 

bottom of page